Corruption: avec Transparency France on positive !

Tout a démarré avec un article du journal Le Monde :Transparency International fustige les atteintes aux contre-pouvoirs dans l’Amérique de Trump.
Dans son nouveau rapport annuel, publié mardi 29 janvier, l’organisation non gouvernementale Transparency International, dénonce les atteintes portées aux contre-pouvoirs dans les États-Unis du président Donald Trump.
Précisons que cette année, pour la première fois depuis 2011, les États-Unis glissent hors du top 20 des pays où la perception de la corruption est la moins aigüe avec un score de 71 sur 100, ce qui lui a valu dans le classement une baisse de 4 points…

Ceci étant posé, qu’en est – il de la France ?

Elle est mal classée, mais progresse, de deux points.

Selon Elsa Foucraut de Transparency France :
✅ «la France gagne 2 points, elle est classée 21 contre 23 les deux années précédentes. C’est le reflet d’une dynamique engagée en 2013 avec la loi transparence de la vie publique, la haute autorité pour la transparence de la vie, la loi Sapin 2 sur la transparence et contre la corruption : on en récolte les fruits dans ce classement».
✅ «Même si le lien entre corruption et perception de la corruption est complexe, on peut penser que les avancées législatives commencent à produire leurs effets aux yeux des citoyens»,
✅ «Pour autant, il reste une marge de progression, la défiance des citoyens est encore importante».

Peut-on encore rappeler à Mme Foucraut de TI que:

➡️ En France il ne suffit de créer quelques lois pour dire que le problème est réglé . Dans les faits, par exemple sur la transparence de la vie publique, 90% des députés n’ont pas mis à jour leur déclaration d’intérêts
➡️ la loi Sapin2 existe, mais….grâce aux « secrets des affaires », nul doute que les affaires sensibles auront encore de beaux jours devant elles !

➡️ Le Pôle National Financier a certes été créé mais la réalité est aussi celle-ci :

➡️ Si la défiance reste importante, c’est sans doute parce que dans les faits, il se passe peu voire rien de significatif.
➡️ Si dans le classement la France semble progresser c’est aussi sans doute, non par les effets de tout ce que l’on met en place mais par le simple fait que les autres pays reculent ?

Avec Transparency, on positive ! L’important comme avec les politiques c’est de s’auto-convaincre, s’auto-persuader qu’on a pris les bonnes décisions et que l’on est donc quelque part, utile, même si au passage comme avec la Convention Judiciaire d’Intérêt public (CJIP), on défend un droit à corrompre!
Être constructif, c’est bien…pourvu que ça fonctionne. En attendant, peu importe le classement, notre billet d’humeur « Aux corrompus (et autres), la Patrie reconnaissante ! » a, lui toujours sa place.

Bonne journée !

MM.

Lettre à Macron: les lanceurs d’alerte ne vous ont pas attendu

Nous pouvons discuter de la forme de la « Lettre au Français » … mais à notre sens, ceci disqualifierait d’entrée l’exercice.
Par définition, débattre sur la base des sujets autorisés par l’une seule des parties, est la négation d’un débat. Ce n’est pas une lettre qu’il fallait envoyer aux français, mais plutôt un QCM ! Quitte à faire les questions, autant choisir les réponses possibles.

Sur le fond, nous ne savons pas trop ou nous ne savons que trop bien. Parce que tout ceci entraîne la peur, celle qui confirme un peu plus, à chaque affaire, à chaque décision ou mesure, que nous vivons dans deux mondes différents.
Vous dîtes « Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs »; « Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste »; « La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail », et nous vous en passons d’autres !

Avez-vous pour autant compris que ces sentiments sont nés et ont été exacerbés par des décennies de politiques économiques libérales et injustes? Par une corruption endémique de la classe politique ? Par des corps intermédiaires démissionnaires ? La liste serait longue et ne serait sûrement pas à la hauteur des sujets imposés au « débat ».
Pour preuve, la troisième assertion reprise ci-dessus : Benalla et autres serviteurs, ça vous parle ? Il suffit de se plonger dans les parcours professionnels et les cursus universitaires de certains ministres et députés du « nouveau monde » pour se convaincre que les passes-droits sont devenus des passes partout.
Devenu start-up nation, l’État en copie ses fondements : médiocratie, copinage et corruption gouvernent ce monde. Et le « débat » ne le changera pas : aborder le sujet du budget de l’État reste une discussion sur les seules dépenses et l’utilité des services publics. Quid des recettes ? Peut-on « discuter » de la fiscalité visant certains types de revenus ? Apparemment non, ça n’était pas prévu dans le QCM… La fraude fiscale pareil, elle n’y avait pas sa place.
Nous allons nous arrêter là. Pour le constat nous ne vous avons pas attendu et malgré neuf samedis de mobilisation vous ne semblez toujours pas en avoir pris conscience. Mauvaise volonté ? Comme on dit, poser la question c’est déjà commencer à y répondre.

Si vous vous étiez un jour, ne serait-ce que quelques minutes, intéressé aux lanceurs d’alerte ces dix dernières années, vous auriez pu faire bien avant le constat posé aujourd’hui sur feuille blanche. Vous auriez même eu des débuts de solutions aux questions que vous posez aux français sachant que débattre est une autre affaire.
Mais sans doute pour vous un lanceur d’alerte est une relique du vieux monde : désintéressé, honnête, respectueux des règles et lois, soucieux de justice… autant de comportements qui n’ont pas leur place dans la start-up nation, ce nouveau monde.

En partant de simples constats, fruits de leurs expériences, de la violence subie, du traitement interminable et trop souvent scandaleux de leurs dossiers, confrontés à l’incompétence volontaire des autorités de régulation et de contrôle, à la lâcheté des corps intermédiaires, à une justice quasi absente même quand l’intérêt général est manifestement en jeu, les lanceurs d’alerte ont retenu la leçon depuis bien longtemps.
Alors à quoi bon « débattre » puisque la démocratie en passe d’être vendue est celle du « cause toujours tu m’intéresses » ?
«Dites-nous ce dont vous avez besoin, nous vous dirons comment vous en passer» aurait répondu Coluche s’il avait reçu cette lettre. Les lanceurs l’ont malheureusement bien intégré.
Dès lors, comme vous, nous pouvons continuer à faire semblant de débattre, histoire de maintenir l’illusion d’une démocratie qui fonctionne…

MM.